Jury de professionnels / Invités

English version

Succédant à Philippe Nahon en 2010, Dominique Pinon en 2011, Silvia Collatina en 2012, Caroline Munro en 2013, René Manzor en 2014, Brian Yuzna en 2015, Jack sholder en 2016, Sergio Martino en 2017, Marcus Nispel en 2018, le président du Jury de la 10e édition du Festival International du Film Fantastique est ….

PRÉSIDENTE DU JURY

HEATHER LANGENKAMP, Actrice américaine

Heather LANGENKAMP

Appréciée par les fantasticophiles du monde entier pour avoir interprété le personnage de Nancy Thompson dans Les Griffes de la Nuit, Les Griffes du Cauchemar et Freddy sort de la Nuit, c’est son admiration pour Matt Dillon qui poussa Heather Langenkamp à entrer dans le milieu du cinéma.

En vacances à Tulsa, la jeune fille apprend que Francis Ford Coppola y tourne, avec l’acteur, The Outsiders. Elle parvient à faire office de figurante (une scène finalement coupée au montage), réitérant l’expérience en 1983 avec Rusty James. Désormais sous contrat avec un agent, elle obtient son premier rôle dans Nickel Mountain, lequel sera bientôt suivi par les trois Freddy, Shocker, toujours de Wes Craven, le clip Sleeping Bag de ZZ Top ainsi que les séries à succès Un Toit pour Dix et Quoi de Neuf Docteur ?, sans oublier The Demolitionist, long-métrage d’anticipation signé Robert Kurtzman. Propriétaire avec son mari, David LeRoy Anderson (Oscar du Meilleur Maquillage en 1997 pour Le Professeur Foldingue), de la société d’effets spéciaux AFX Studio (Men in Black, American Sniper…), Langenkamp se consacre pleinement à ce domaine depuis de nombreuses années, ayant notamment œuvré sur les grimages de L’Armée des Morts, Dead Silence, De l’Ombre à la Lumière ou encore La Cabane dans les Bois. Plus récemment, elle est apparue dans American Horror Story – Freak Show, Action ou Vérité, Star Trek Into Darkness et Hellraiser : Judgment.

Texte : Matthieu Rehde

MEMBRES DU JURY

CAMILLE KEATON, Actrice américaine

Camille KEATON

C’est pour fuir la morosité de l’Arkansas que Camille Keaton, adolescente, fait ses bagages et part visiter l’Europe.

Influencée par la carrière de Clint Eastwood, elle s’installe en Italie où, rapidement, elle se voit offrir l’opportunité d’apparaître dans des publicités puis de faire de la figuration dans, notamment, Blindman.

Suite à une rencontre avec le directeur de la photographie et réalisateur Massimo Dallamano, elle obtient son premier rôle dans le giallo Mais… qu’Avez-vous Fait à Solange ?, enchaînant avec Decameron II, Tragic Ceremony, Il Gatto di Brooklyn Aspirante Detective II et Sex of the Witch.

La jeune fille retourne alors en Amérique où, sous la caméra de son ex-mari Meir Zarchi, elle passe à la postérité en interprétant l’héroïne du controversé Oeil pour Oeil (aussi connu sous les titres de I Spit on Your Grave et Day of the Woman). Keaton espace alors ses apparitions, participant au gré des décennies à Quartier de Femmes, Savage Vengeance, The Butterfly Room, The Lords of Salem ou encore Death House. Toujours aussi combative, elle affrontera prochainement les familles des violeurs d’Oeil pour Oeil dans I Spit on Your Grave : Déjà Vu.

Texte : Matthieu Rehde

Caroline MUNRO, Actrice anglaise

Caroline MUNRO Photo Credit : Chris Jackson/Getty Images Entertainment/Getty Images

À 16 ans, Caroline Munro pose pour une série de clichés qui la sacrent «Visage de l’Année» dans le magazine The Evening News.

Saisissant l’occasion, cette native du Berkshire déménage à Londres où elle travaille d’abord comme modèle pour Vogue, s’essayant ensuite aux publicités et à la figuration dans le Casino Royale de 1967. Son sérieux doublé d’un indéniable charme lui permettent de multiplier les apparitions à l’écran (le film d’aventure Where is Jack?, le western A Talent for Loving où elle joue la fille de Richard Widmark), jusqu’à ce que le grand public ne la découvre en épouse décédée de Vincent Price dans L’Abominable Docteur Phibes ainsi que sa suite, Le Retour de l’Abominable Docteur Phibes. Remarquée par Sir James Carreras, cofondateur de la Hammer Films, Munro devient la première actrice à signer un contrat de longue durée avec la célèbre firme, s’affichant successivement dans Dracula 73 puis dans Capitaine Kronos, Tueur de Vampires. Le Voyage Fantastique de Sinbad, Evil Baby et Centre Terre, Septième Continent contribuent en parallèle à renforcer sa notoriété, celle-ci la propulsant en 1977 dans le James Bond L’Espion Qui M’aimait. Starcrash (avec également David Hasselhoff et Christopher Plummer) lui offre l’opportunité de se frotter au space opera avant qu’elle n’embrasse pleinement le fantastique à l’aube des années 80, apparaissant entre autres dans Maniac, Les Frénétiques, Le Jour des Fous et Les Prédateurs de la Nuit.

Texte : Matthieu Rehde

MARTINE BESWICK, Actrice anglaise

Martine BESWICK

Née en Jamaïque, Martine Beswick débute à Londres en postulant pour le rôle de Honey Ryder dans Dr. No. Évincée au profit d’Ursula Andress, elle se lie néanmoins d’amitié avec le réalisateur Terence Young qui l’engage en 1963 dans Bons Baisers de Russie puis en 1965 dans Opération Tonnerre. Cet intervalle lui laisse le temps de faire ses premiers pas à la télévision grâce aux séries HMS Paradise et Destination Danger, les feuilletons populaires ne cessant de se succéder tout au long de sa carrière (Opération Vol, Night Gallery, L’Homme qui valait trois milliards, Pour l’amour du risque, L’Île Fantastique, Santa Barbara…). De 1966 à 1978 son charisme naturel lui permet d’interpréter nombre de femmes fortes au cinéma et de glisser aisément d’un genre à l’autre : les aventures antédiluviennes (Un Million d’Années Avant J.C. ainsi que la production Hammer Les Femmes Préhistoriques), l’horreur (Dr Jekill et Sister Hyde, toujours financé par la fameuse compagnie anglaise, The Penthouse, Devil Dog), le western (John The Bastard, El Chuncho), ou encore la comédie (Ultimo Tango a Zagarol). Outre ses apparitions plus récentes dans House of the Gorgone et Night of the Scarecrow (mis en scène par Jeff Burr, qu’elle retrouve après l’anthologie Nuits Sanglantes), Beswick a collaboré au grès des décennies passées avec d’illustres réalisateurs tels que Oliver Stone (Platoon) pour La Reine du Mal, Jonathan Demme (Le Silence des Agneaux) pour Melvin and Howard et George Armitage (Tueurs à Gages) pour Le Flic de Miami.

Texte : Matthieu Rehde

CATRIONA MACCOLL, Actrice anglaise

CATRIONA MACCOLL

Catriona MacColl naît à Londres et intègre dès son enfance un groupe de théâtre scolaire avant de se tourner vers une carrière de ballerine professionnelle. Toutefois, la jeune femme est obligée de mettre un terme à ses ambitions suite à une blessure.

C’est alors qu’elle entend parler de Jean-Pierre Bisson, lequel recherche pour sa nouvelle pièce une actrice qui sait danser. Engagée, elle quitte son Angleterre natale et s’installe dans le sud de la France, où, pendant deux ans, elle fait partie de la troupe théâtrale de l’acteur/metteur en scène.

Faisant ses débuts à la télévision dans la série Il était un Musicien en 1978, elle obtient la même année un rôle aux côtés de Thierry Lhermitte dans Le Dernier Amant Romantique de Just Jaeckin (Emmanuelle). Ce sera ensuite la consécration grâce au film de cape et d’épée Lady Oscar, une adaptation du manga La Rose de Versailles signée Jacques Demy (Peau d’Âne), où elle est pour la première fois en tête d’affiche et qui la transforme en icône au Japon.

Suivront en 1980 Le Fils Puni et Voltan le Barbare (aussi connu sous le nom de Hawk the Slayer), avant que son agent ne lui fasse rencontrer le réalisateur italien Lucio Fulci. N’étant pas à l’époque attirée par l’horreur, elle signe néanmoins pour le rôle principal de Frayeurs. Une expérience difficile, marquée par une traumatisante pluie d’asticots sur le visage pour les besoins d’une séquence. Mais Frayeurs est un succès, et McColl accepte de tourner à nouveau avec Fulci dans les désormais classiques La Maison près du Cimetière et LAu-Delà. Toujours en 1981, elle apparaît sur Antenne 2 dans la série TV fantastique Noires sont les Galaxies.

Refusant d’être cantonnée au seul registre de scream queen, elle refuse de travailler à nouveau avec le maestro et s’éloigne du registre horrifique. Les décennies suivantes la verront ainsi s’attacher à différents genres au cinéma : la comédie (Les Diplômés du Dernier Rang avec Patrice Bruel, Le Bal des Casse-Pieds avec Jean Rochefort), la romance (Trois Places pour le 26), le thriller (Double vue) ainsi que le drame (La Fille d’un Soldat ne Pleure Jamais de James Ivory). C‘est néanmoins surtout à la télévision qu’elle affiche son éclectisme, avec des prestations remarquées dans La Peau de Chagrin, Les Derniers Jours de Pompéi (où elle côtoie Laurence Olivier et Franco Nero), Cousin Williams ou encore Mafiosa.

En 2004, le metteur en scène Pascal Laugier (Martyrs) parvient à la faire revenir au genre qui l’a fait passer à la postérité en lui confiant dans Saint Ange le rôle de la directrice d’un orphelinat. Catriona MacColl poursuit alors dans le fantastique et l’horreur avec l’anthologie The Theatre Bizarre (segment The Mother of Toads), Chimères et Horsehead. Elle apparaîtra prochainement dans le thriller Faking Real.

Texte : Matthieu REHDE

INVITES

FABIO FRIZZI, Compositeur Italien

Sept notes au clavecin pour un thème musical inoubliable, celui de L’Emmurée Vivante. Sept notes, et un nom qui surgit de l’entêtante mélodie : celui du compositeur Italien Fabio Frizzi.

Captivé par l’usage de la voix en musique, il fonde dés le lycée et contre l’avis de son père un groupe de rock amateur. Afin de pouvoir vivre de sa passion, il se met rapidement à étudier la guitare ainsi que la composition auprès de Sergio Notaro et de Vittorio Taborra, puis rencontre son premier éditeur, Carlo Bixio. Celui-ci lui permet d’entrer dans le monde du cinéma et c’est en 1968 que Frizzi compose, avec ce dernier et Tempera, la musique du western Ed ora… raccomanda l’anima a Dio !. Une expérience concluante qui l’amènera à travailler jusqu’en 1975 sur cinq autres longs-métrages (dont le classique Fantozzi signé Luciano Salce).

C’est alors qu’il rencontre, toujours grâce à Carlo Bixio, celui dont le nom demeure lié au sein tant professionnellement qu’amicalement : le réalisateur Lucio Fulci.
S’étant déjà fait un nom en Italie avec Le Temps du Massacre, Le Venin de la Peur et La Longue Nuit de l’Exorcisme, le metteur en scène cherche un compositeur pour son nouveau film, Les 4 de l’Apocalypse. Fabio Frizzi, Bixio et Tempera sont rapidement engagés afin de composer la bande originale et les chansons de ce western nihiliste mâtiné de fantastique. Fulci étant lui-même mélomane, l’exercice est ardu mais porte ses fruits. Entouré de son groupe, puis seul, le musicien collaborera avec le maestro sur Dracula in Brianza, Selle d’Argent, La Guerre des Gangs, Manhattan Baby, Un Gatto Nel Cervello, L’Emmurée Vivante, L’Enfer des Zombies, Frayeurs ainsi que L’Au-Delà.

Parallèlement à sa collaboration avec Lucio Fulci, il compose entre 1975 et 1989 36 musiques de films, s’axant particulièrement sur la comédie (un genre qu’il affectionne) et travaillant avec de prestigieux metteurs en scène tels que Tonino Valerii, Enzo G. Castellari, Sergio Martino, Umberto Lenzi…

Suite à la crise du cinéma transalpin dans les années 80, sa carrière prend un tournant. Il arrête temporairement de travailler pour le 7ème Art afin de se lancer dans un exercice auquel personne alors ne croit : organiser une série de concerts où un orchestre interprète sous sa direction des bandes originales. Le succès est toutefois immédiat !
Après un nouveau passage par les studios (où il œuvre cette fois-ci majoritairement pour la télévision), il débute en 2012 une nouvelle tournée intitulée «Frizzi to Fulci», pour laquelle il reprend avec bonheur les partitions autrefois écrites pour le cinéaste. Il a enfin été récompensé du Prix de la Meilleure Musique Originale au Festival de Gérardmer 2018 pour Puppet Master : The Littlest Reich.

Aujourd’hui, Fabio Frizzi est aux côtés des Goblin (Suspiria) l’un des plus emblématiques compositeurs italiens de musiques de films fantastiques. Quentin Tarantino lui-même a rendu hommage à son travail en incluant dans la bande originale de Kill Bill Volume 1 le thème de L’Emmurée Vivante.

Texte : Matthieu Rehde